Le 27 septembre 2016

Tendances des transports : l'essor des nouvelles mobilités

Élément clef d’accès aux loisirs et au tourisme mais aussi facteur important d’usage du lieu de séjour, le transport est en pleine mutation. De l’amélioration des véhicules existants à l’apparition de nouveaux modes de déplacement, les transports constituent un service vecteur d’image mais aussi, parfois, une curiosité participant à l’attractivité de la destination. Petite revue instantanée et non exhaustive des évolutions et innovations dans ce secteur capital pour le tourisme.

FACTEUR D’ATTRACTIVITE, MARQUEUR DE MODERNITE

Près du quart des dépenses de vacances est absorbé par le poste transport, loin devant les autres postes (même si 71% des séjours de nos concitoyens se passent dans l’Hexagone). C’est dire l’importance des transports sur le plan de la consommation touristique mais aussi des infrastructures et des usages des touristes. Tout séjour commence et finit dans un transport et, sur place, le transport est sensé fluidifier et même agrémenter le séjour.

Dans la lutte acharnée que se livrent territoires et grandes métropoles pour séduire entreprises, nouveaux habitants et touristes, les mobilités sont un véritable enjeu : la qualité de vie et l’efficacité des transports vers et dans la destination sont des facteurs majeurs d’attractivité et des marqueurs de modernité. Entre contrainte et innovation, les acteurs du transport évoluent plus ou moins vite. Tous restent attentifs aux changements en cours, mais certains résistent ou s’adaptent quand d’autres anticipent ou innovent.

Parmi ces changements, et pour ne rappeler que les plus notables : nécessité de préserver l’environnement, appréhendée selon les cas comme contrainte, opportunité ou objectif ; évolutions sociétales, en particulier les modes de vie et de consommation des individus ; affirmation de nouveaux rapports entre ces individus, fondés sur la collaboration et facilités par les ressources d’internet ; ou encore avancées technologiques apportant améliorations voire nouveaux moyens de transport.

LES VEHICULES AUTONOMES PRENNENT LA ROUTE

La tension récente entre taxis et VTC illustre bien une situation de résistance au changement. Le combat de sauvegarde d’une profession au statut bien établi face à l’arrivée de nouveaux acteurs dotés d’autres mode de fonctionnement et logique économique révèlent deux enjeux : le besoin évident d’adapter un service aux nouvelles attentes de la clientèle, sans quoi elle se tournera vers la concurrence plus attentionnée (les VTC sont plébiscités par les usagers), et l’intérêt de rester attentif aux innovations qui bouleverseront demain matin le secteur du transport.

Car le conflit taxis - VTC relèvera sans doute de l’anecdote d’ici quelques années. Plusieurs états américains ont déjà légalisé la circulation de voitures sans chauffeur. L’ordinateur de la voiture autonome de Google est en passe d’être reconnu comme le chauffeur du véhicule aux yeux de la loi. En France la circulation sur la voie publique de véhicules autonomes pour l’expérimentation est autorisée depuis le 3 août 2016. De grandes métropoles comme Londres incitent Google à venir tester ses véhicules dans ses rues pour savoir comment l’urbanisme devra s’adapter. Et Uber, le géant du VTC qui n’a jamais caché son intention de se passer des chauffeurs, vient de conclure avec Volvo un contrat de 264 millions d’euros pour réaliser des véhicules autonomes

Après la centrale EDF de Civaux qui est devenue en mars 2016 le premier site industriel au monde à s’équiper de navettes autonomes, la ville de Lyon est la première ville française autorisée par l’État à expérimenter pendant un an les navettes autonomes Navly sur voirie pour transporter du grand public. Elles circulent depuis septembre 2016 dans le quartier de Confluence.

NOUVEAUX POINTS DE VUE, NOUVELLES ATTENTES

La clientèle change, et avec elle ses attentes en matière de transport. La voiture conserve encore son statut social dans la génération X (35-55 ans) mais pour les Y (15-35 ans), plutôt économes et anti-gaspillage, plus dans l’usage que dans la propriété, elle n’est plus un symbole. Peu importe qui possède les voitures qu’emprunte cette génération. Les Y adhèrent à l’autopartage, mais surtout recourent au covoiturage. En France, Blablacar siphonne les clients de la SNCF sur certains parcours de deux à trois heures. Les Y redécouvrent par ailleurs le train et le vélo (mais il est toujours aussi difficile de faire entrer le second dans le premier). À Paris, Vélib’ et ses plus de 300.000 abonnés  sont devenus durant l’été 2016 le plus grand système de vélos en libre-service au monde.

Pas de génération Y (ni d’ailleurs de Z, de X voire de Boomers) sans wifi ! Pour l’heure, elle est plutôt frustrée dans ses déplacements. La tendance est à l’adaptation, très lente, des modes de transport. Pas avant 2017 dans les trains (et seulement les TGV). Côté avion, Air France proposera également en 2017 le wifi à ses passagers (mais seulement dans le Boeing 787 de la ligne Paris-Le Caire). Son objectif est d’équiper sa centaine d’avions long-courrier d’ici 2020. Air France projette également à cet horizon de devenir le groupe aérien leader de la relation attentionnée grâce à une nouvelle stratégie Data.

EVOLUTIONS LEGISLATIVES ET AVANCEES TECHNOLOGIQUES

Il est techniquement plus simple d’offrir le wifi dans un bus, et les compagnies nées de la libéralisation de ce marché en août 2015 mettent en avant cet avantage en même temps que celui du prix du billet (deux fois moins cher que le covoiturage fin mars 2016). Plus de 3,4 millions de passagers ont voyagé sur les 257 lignes vers 191 villes desservies et leur nombre augmente rapidement. Ils n’étaient que 110.000 passagers en 2014. Le marché se resserre (ne restent que 3 grandes compagnies : Ouibus, filiale de la SNCF, Flixbus/Megabus, et Isilines/Eurolines), les prix commencent à se normaliser et le transport en bus se rapproche de son rythme de croisière.

Le vélo à assistance électrique (VAE) poursuit sa franche progression : la hausse des ventes, de 37% entre 2013 et 2014, se maintient à 32 % entre 2014 et 2015 (flottes professionnelles comprises). 102.000 VAE se sont vendus en France en 2015 et l’évolution devrait s’intensifier dans les prochaines années avec la baisse des coûts. Il se vend déjà plus de VAE que de cyclomoteurs dont le marché s’érode (90.000 ventes en 2015). Principalement urbain, le VAE pose aussi sa roue sur les chemins : 3.000 VTT-AE vendus en France en 2013, 9000 en 2015 ; c’est une petite explosion qu’on ne retrouve pas ailleurs en Europe.

 

 

MOBILITES URBAINES EMERGENTES

Impossible de terminer ce rapide tour d’horizon sans évoquer le foisonnement
d’innovations qui animent le secteur des mobilités émergentes, notamment en milieu urbain.


-        En novembre 2015, Anne Hidalgo, maire de Paris, écrivait à l’inventeur de la Sea Bubble : «Je souhaiterais, si possible, que Paris soit la première capitale à tester les deux premiers prototypes de vos bulles volantes électriques sur la Seine, dès le printemps.»


-        Le transport par câble suscite l’intérêt des métropoles. Voilà un bon moyen d’associer pour un coût réduit le désengorgement des villes, le franchissement d’obstacles (rivière, autoroute, quartier), et pour certains la création d’une attraction touristique. Londres, Barcelone ou New York en sont équipées. En France, qui marque un temps de retard, le premier téléphérique urbain de transport en commun sera ouvert au public en novembre 2016, à Brest dont il permet de traverser la rade.

 

-        Les objets de « glisse urbaine » se multiplient : trottinettes, rollers, skates et leurs cousins électriques, gyropodes, hoverboards et solowheels sillonnent les trottoirs des grandes villes et des sites touristiques, pour l’utilitaire autant que le loisir. L’engouement pour ces moyens de transports électriques légers mêle plusieurs tendances en cours : attrait pour l’originalité, le ludique et la technologie, défiance vis-à-vis de la voiture, envie de se déplacer léger, souhait de rester en forme, sentiment d’éco-responsabilité.

 

ON Y VA EN VALISE ?

-        Qu’en est-il des drones ? De grands acteurs de la livraison de colis (Amazon, La Poste) ou de pizzas (Domino’s) ont testé le principe et largement communiqué sur cette possible innovation. Mais de sérieux obstacles demeurent et la mise en œuvre à large échelle n’est pas encore d’actualité. Les freins techniques et juridiques n’empêchant pas les choses d’avancer, le dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas dévoilait en janvier 2016 le premier drone civil capable de transporter un passager !

-        Et que diriez-vous d’une valise électrique qui vous transporte vous et vos effets de voyage, pour vous rendre plus sympathiques les liaisons entre transports et les longs couloirs d’aéroports ? Elle existe.

Nombre de ces évolutions et innovations dans les transports offrent, aux citadins notamment, des alternatives attractives à la possession d’une voiture et au transport en commun traditionnel. Le plus étonnant ne sont pas ces innovations elles-mêmes mais plutôt la rapidité avec laquelle elles se diffusent et sont acceptées, preuve qu’elles répondent à un besoin et à une évolution des mentalités.

Les nouvelles solutions de mobilité s’insèrent entre la propriété et le collectif, entre la possession contraignante d’une voiture et la frustration des transports en commun qui briment autonomie, liberté, flexibilité et confort. Le high-tech remplace progressivement la voiture comme symbole social de réussite.

Contact : Dominique BAMBIER - Tél. 04 73 29 28 25 - contacter par mail

 
 
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